dimanche 30 novembre 2014

Hijo de la Luna

Qu'on se le dise... Je vais partager ici quelque chose de très intime. C'est plus fort que moi, j'en ressens le besoin. Je lâche, dans les lignes qui suivent, une de mes bombes atomiques. Je dois les faire exploser si je veux vivre pleinement mon identité et entrevoir des jours plus heureux, en paix avec moi-même. Le 4 février 2015, cela fera deux ans tout juste que j'ai décidé de comprendre mes failles et de les regarder en face, afin de ne plus passer à côté de ma vie. Le 4 février 2015, je serai en Asie. Au repos. J'ai tellement hâte !

Ce qui m'amène à écrire cet article est le week-end incroyable que je viens de passer. En fait, je me suis inscrite, non sans hésitation, à un stage de deux jours hors du commun, autour de la femme, sous l'angle de la Lune Noire et de Lilith, animé par ma prof de yoga, Olga Esteban. Nous étions huit jeunes femmes entre 25 et 33 ans, à vouloir éveiller des traumatismes anciens, afin de s'en libérer et par là-même, guérir des blessures psychologiques et corporelles qui en résultent. 

En ce qui me concerne, mes douleurs inconscientes, enfouies et refoulées se sont manifestées sur mon corps, dans l'ordre chronologique, via mes hallux valgus juvéniles (ces oignons qui font de plus en plus mal, sur les pieds, typiquement féminins), ma myopie (-4 à chaque œil), mes nodules sur les cordes vocales, l'absence de mes règles, mes cornées déchirées à plusieurs reprises, l'acné de ma poitrine et mon visage, mes fragilités vaginales (mycoses), mes prises et pertes de poids allant de paire avec mes variations d'humeur parfois spectaculaires, mon surplus d'hormones masculines... Autant de messages qu'il devenait impossible de ne pas voir, écouter, lire (à ce sujet, la symbolique des maux et maladies est très enrichissante et peut fournir de belles pistes pour la compréhension de soi). 

Je ne savais pas à quoi m'attendre. Ni ce que ce week-end allait provoquer chez moi. Autant vous dire que j'en fus complètement chamboulée. Au bout de 15 heures de travail, je suis sortie lessivée et en même temps, soulagée d'un poids énorme.

A plusieurs reprises, lors de certains exercices et échanges, ma colère contenue a fait surface et mon bas ventre, mes lèvres et mes mains se sont mises à trembler, à fourmiller, de façon très forte. Mais le plus impressionnant, reste la paralysie momentanée, le blocage de mes mains dans une position totalement non naturelle et inconfortable, lors d'un des derniers ateliers, à savoir le dessin sans lever le crayon, d'un seul trait, sans réfléchir. J'ai eu les boules. Saisir mon crayon devenait une épreuve en soi. Après avoir non sans mal croqué l'image la plus forte de mon inconscient - un zizi - il a fallu un long moment avant que mon corps se décontracte, reprenne ses esprits et que mes mains se déploient normalement et retrouvent leur habileté.

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Hier, je me suis empressée de tout raconter à mon psychiatre. Je lui ai décrit les différentes activités et ce qu'elles avaient enclenché. Les émotions traversées, les mots échangés, ce que j'ai crié, les étranges sensations qui m'ont parcourue, et surtout, l'objet de mon dessin... Et avec son aide, j'ai conscientisé quelque chose de très important...

Mon grand frère et moi avions une relation très conflictuelle. Un amour très fort l'un pour l'autre, dans le fond, mais une violence (verbale), une agressivité, dans la forme. A ma naissance, Olivier n'était soudainement plus le seul petit être aimé de papa et maman. Ainsi, en même temps que moi, est née une rivalité, une compétition, une jalousie. Intense et destructrice. Pour tous les deux.

Au cours du temps, ce problème profond a causé l'instabilité de mon identité sexuelle. J'ai refoulé voire refusé ma féminité, me convainquant, inconsciemment bien sûr, que si je voulais attirer toute l'attention dont j'avais besoin, enfant, de mon père et de ma mère, il aurait fallu que je sois de sexe masculin, comme... mon grand frère. Qu'à moins d'avoir des couilles, il serait difficile de prendre ma place, au sein de la famille d'abord et, par extension, dans une société où la femme est encore trop souvent dévalorisée par rapport à l'homme.

Voilà. La boucle est bouclée. Y a plus qu'à m'assumer en tant que femme libérée et observer les changements hormonaux qui devraient s'ensuivre. Ma nouvelle mission est donc de reprendre possession de mon corps. Le regarder. L'aimer. L'accepter. Comme il est. Avec un vagin. Le décès d'Olivier, signe, quelque part, ma libération. Je n'ai pas à en avoir honte, ni à me sentir coupable. Je l'interprète comme s'il me passait le flambeau, la flamme... de la vie, me criant, de là-haut : "Vis, maintenant, ma sœur, vis, prends ta place, tu verras, le jeu en vaut la chandelle".

jeudi 27 novembre 2014

AnniVersaire

Hier, 
J'ai fêté mon anniversaire,
avec mes compères,
autour de quelques verres
et c'était super pépère, 
à se taper le cul par terre, mon frère. 
Ci-mer !

mardi 25 novembre 2014

Entre 25 et 27 ans


Mes 25 ans ? Une année entre deux guerres - la maladie et le deuil - que j'ai voulu traduire en chanson, après avoir regardé "Le maître de musique" de Gérard Corbiau (tourné en 1988, au Château de La Hulpe, deux coïncidences comme je les aime), puis boulotté autant de mini Galler Praliné Lait (merci grand-mère) qu'il y a de mois de janvier à novembre. 


"Entre deux"































Ma folie, ma sagesse,



Mon départ, mon retour,
Mes euphories, ma tristesse,



Ma haine, mon amour.

Mes tracas, mon repos,
Mon bruit, mon silence,
Mon bon sens, mon chaos,
Mes excès, mes carences.

Entre deux guerres, deux âges, 
Deux chaises, deux eaux, 
Entre la poire et le fromage, 
L'enclume et le marteau...
J'hésite, je vacille,
Je dis oui mais je pense non,
Je pleure, je pétille, 

Je baisse le son, je monte le ton.

Ma détresse, ma quiétude,



Mes accords, mes tensions,



Ma compagnie, ma solitude,



Mes manies, ma dépression.





















Mon aise, mon embarras,



Mes défauts, mes qualités,
Mes légumes, mon chocolat,



Mon rêve, ma réalité.

Entre le ciel, la terre,
La tête et le cœur,
Entre mon père, ma mère,
Mon frère et ma sœur....
J'hésite, je vacille,
Je broie du noir et bois du blanc,



Je râle, je souris,
Je suis adulte, je fais l'enfant.

Mes rires, mes chagrins,



Mes aveux, mon déni,


Mes désirs, mes dédains,



Mon enfer, mon paradis.







Ma folie, ma sagesse,



Mon départ, mon retour,
Mon euphorie, ma tristesse,



Ma haine, mon amour.

Entre la vie, la mort,
Entre chien et loup,
Entre la raison, le tort,
Entre vous, entre nous...
J'hésite, je vacille,
D'une humeur à l'autre, je saute,
Je dis non, je pense oui,
Ce n'est pas de ma faute.

lundi 17 novembre 2014

Seaside

Ce soir, là, maintenant, je suis...

Vidée, fatiguée, relâchée, détendue... 

Vidée et fatiguée, parce que je viens de traverser deux semaines dépressivo-boulimiques éprouvantes. Attention ! Quand j'écris "vidée", je veux signifier "épuisée, exténuée", car il faut savoir qu'en terme de troubles du comportement alimentaire, je fais partie de ces filles capables de "surbouffer" - sans se faire vomir - une quantité impressionnante de pure merde, pour remplir un vide identitaire via le tube digestif. Résultat ma foi peu probant, ma nouvelle identité pèse 5kg de plus. Youpie. 

Relâchée et détendue, parce qu'aujourd'hui, j'ai évacué un flot de larmes auprès de ma maman (comme c'est le cas depuis quatre jours), je suis allée nager 45 min avec mon amie Pauline, j'ai été voir mon psy avec qui nous avons enfin posé un diagnostic clair, j'ai longuement discuté avec une super fille qui me veut du bien, autour d'une tisane Rooibos au Pain Quotidien, j'ai soupé et papoté avec ma grand-mère (chez qui j'habite depuis bientôt deux mois), je me suis rendue à mon cours d'acro yoga dynamique (le cours révélation de cette année) et là, de retour dans ma petite piaule, je me sens re-prête à m'écrire, vous écrire. Bref, belle journée.

En un mois, il y a eu du mouvement dans ma toute petite vie. D'une part, j'ai renoncé à chercher du boulot. C'est trop tôt, je ne suis pas prête, je n'arrive pas. J'ai essayé, rien n'y fait, je panique et fais n'importe quoi. Au lieu de ça, j'ai décidé de terminer mon voyage en Asie du Sud-Est. Je pars le 29 décembre et reviens le 3 mars. D'autre part, j'ai accepté un coup de pouce médicamenteux, prescrit par mon roi Albert. Je ne peux plus combattre seule la chimie capricieuse de mon cerveau. J'ai tenté, longtemps, vous en êtes témoins. Mais là, après quinze pénibles jours de lutte avec moi-même, je m'avoue... vaincue. 

De mardi dernier à hier, j'ai traîné des pieds chez le parents, en hibernation totale. Trop honteuse de moi pour voir d'autres personnes que la famille. Jeudi, je prenais mon nouveau médoc et aujourd'hui, je sens que je reviens à moi et remonte à la surface. Doucement. Ouf ! 

Et là, je suis super contente car demain, je pars à la mer ! Ma maman a eu la merveilleuse idée de m'inviter à passer quatre jours avec elle, dans sa maison à la Côte d'Opale, pour me ressourcer. J'en ai grandement besoin. J'embarque le mix-soupe, la centrifugeuse, le presse-citron, le cuit vapeur, le livre de recettes de Martine Fallon, mon bouquin, mes affaires de sport, de pluie, une tenue de sortie... Et c'est parti pour un séjour de remise en forme, mère et fille. Objectif : me sentir mieux dans ma peau pour mercredi 26 novembre, ma soirée d'anniversaire au Belga, à Flagey. Je ne voudrais pas me voir contrainte d'annuler parce que je me sens mal à l'aise dans mes pompes, cheveux ternes, boutonneuse et "enkilosée" (hihi). Il me semble que cela fait un bail que je n'ai plus vu mes amis, ce serait trop con de me priver de cette opportunité, non ?

Voilà, c'est tout pour ce soir. Au dodo. Vivement demain matin.

The cap blanc Nez - French Opal Coast