mercredi 23 mars 2016

Explosive spring

Pensée du jour, ou du lendemain de la veille : sensibiliser tout un chacun et sans exception, à travers une éducation et un enseignement qui développeraient un esprit plus critique que jamais, à devenir un sujet en l'amenant à rencontrer son vide intérieur et son manque - lesquels sont innés, naturels et normaux -, à les respecter, les reconnaitre, les appréhender, les gérer, sans les rejeter, favorisant ainsi une plus grande autonomie psychique, plutôt que de laisser une personne "définir son "éthique" propre, ses critères du bien et du mal, ce qui l'attire ou le repousse selon ses humeurs"*, sans qu'elle n'ait réellement conscience de ses choix, ses décisions, loin d'être libres malgré les apparences, comme nous dit très justement mon sage du moment, le psychanalyste Moussa Nabati.

Et ce, pour tenter de limiter l'expansion du fléau de notre temps dont on paie le prix fort des conséquences : celui d'être aveuglément endoctrinés, dominés et manipulés, victimes vulnérables et fragiles que nous sommes, en proie à des choses ou personnes vicieuses, perverses - ingrédients constitutifs de notre société moderne aux mille et une libertés et hyper carencée en repères, garde-fous et modérateurs valables - qui s'emparent bien trop facilement de ce vide et de ce manque consubstantiels à notre existence, pour les remplir malhonnêtement, débouchant à tous les maux de la terre qu'on connait aujourd'hui.

Pour conclure, je citerai encore Moussa qui nous rappelle que "la vie n'est pas simple, mais heureusement complexe. Rien n'est parfait. Tout se paie. Une chose parait sûre néanmoins : le vide représente certainement le joyau le plus précieux qu'il revient à chacun de protéger, dans son écrin invisible. Notre pire ennemi s'appelle le remplissage."*

*Citations extraites du livre "Comme un vide en moi. Habiter son présent", du psychanalyste Moussa Nabati que je ne vous recommanderai jamais assez.

mardi 22 mars 2016

News !

Le printemps 2016 est la saison du changement, du renouveau, de la renaissance... J'ai voulu marquer le coup en participant à mon troisième cercle de femmes, guidé par Olga Esteban, dimanche après-midi : 5h de soins énergétiques en collectif, avec méditation, respiration, danse et mouvement, partage en paroles et repas végétarien. Ca m'a fait (et continue de me faire) beaucoup de bien, comme à chaque fois. En rentrant, on a fêté ma petite soeur chez mère-grand et terminé la soirée en tapant la carte tous ensemble. Très bonne ambiance.

Belle journée que ce lundi 21 mars : je me suis rendue aux Studios Alexis Films, faire mon premier essai pour des voix publicitaires. Je suis très contente d'avoir franchi le pas et dépassé mes peurs et doutes. On verra, j'espère qu'il y aura des suites, je suis trop motivée : "Crédit 2000, c'est si facile, crédit 2000". Ensuite, mon coach vocal a débarqué à la maison et nous avons parlé et bossé "interprétation". Je me sens au niveau zéro, dans ce domaine si crucial du chant. J'ai toujours rêvé donner vie à mes chansons, sans savoir comment m'y prendre, ça m'a toujours frustrée de me limiter à faire mon job sur scène sans vraiment transcender les émotions que je voulais partager avec le public. Probablement fallait-il que je puisse me donner vie d'abord... On n'a pas tarder à s'essayer à "Quand on n'a que l'amour", mon morceau pour la messe du 23 avril ! Les éléments sont là mais tout est brut, y a plus qu'à polir, avec une bonne dose d'heures de pratique !

J'ai aussi reçu une très bonne nouvelle : j'ai été sélectionnée pour participer à la première étape du stage pour auteurs, compositeurs, interprètes, parrainée par Francis Cabrel, à Astaffort, en France, afin de travailler sur mes compos en français. Yihaaaaa ! Lors de ce premier rendez-vous qu'ils appellent le Labo Chansons, les professionnels évaluent si ton projet tient suffisamment la route pour bénéficier d'un réel accompagnement lors des étapes suivantes (écriture, arrangement, coaching scénique...). Je m'y rends déjà le 12 avril or je ne sais pas encore bien les jouer en piano-voix mes petites chansons, donc là, y a pas de temps à perdre, faut s'y mettre et que ça saute ! 

Et pour clôturer cette journée haute en couleurs, petit repas veggie avec mes nouvelles copines du stage d'acroyoga de carnaval. What else ?

jeudi 17 mars 2016

Brel brûle son brol

Ce matin, quatrième jour de jeûne à la mer, je me suis attelée à l'un de mes gros devoirs en musique : la reprise de Jacques Brel (dont j'ai encore vu un portrait pas plus tard que mardi), "Quand on n'a que l'amour", pour le mariage d'une amie le 23 avril. Je suis très contente car j'ai réussi à trouver les accords à l'oreille, dans ma tonalité, une grande première ! (Je ne m'y étais jamais vraiment essayée, auparavant). Niveau vocal, il y a énormément de boulot, je commence lundi avec mon coach, sur l'instru piano que j'aurai enregistrée ce soir ou demain. Si ça marche, ça va résonner à l'église !

Parallèlement, j'ai les 14 chansons de mon projet Avenue. à retravailler complètement, avec un nouveau guitariste, pour mon premier concert depuis plus de deux ans, le 24 avril, rue Haute à Bruxelles, au concept store Belge une fois... Ma voix n'est plus du tout adaptée au répertoire, depuis mon opération et mes cours de chant. Je dois vraiment trouver de nouvelles pistes d'interprétation. J'y tiens ! Même si ces chansons sont vieilles, je les trouve toujours aussi belles et j'aimerais vraiment les partager et les sortir, arrangées, sur un album, en parallèle de mon album francophone, un jour ou l'autre. 

Bref, dès mon retour, va falloir, s'échauffer, s'exercer, pratiquer, travailler comme une pétée, d'autant que sur Facebook, beaucoup de gens ont déjà manifesté leur intérêt pour l'événement ! Une pression, mais nécessaire pour avancer... Faut vraiment pas que je panique mais bien que j'y aille en confiance, cultivant autant que possible une bonne estime de moi, pour le coup (je ne vais pas lâcher la méditation, de sitôt, je pense...). Pas évident, mais je m'accroche, je n'ai pas le choix si je veux me soigner de ma maladie du siècle !!! 

Je suis vraiment soulagée, aujourd'hui. Je commence enfin à trouver un sens à donner à mes journées et ça fait plaisir ! Mes deux semaines de jeûne, proche de moi et de la nature, m'ont apporté plein de clés. Mon angoisse du vide devrait se dissiper peu à peu et mes crises de boulimie aussi, par conséquent :) Et même si je me vautre complètement, ce qui m'étonnerait, si je travaille à fond en amont, le chemin m'aura fait grandir, donc pas de stress, tant qu'on apprend et évolue, c'est tout ce qui importe, n'est-ce pas ?

mardi 15 mars 2016

Bientôt promue adulte ?

Extrait édifiant de mon livre du moment, que je ressens absolument le besoin de partager avec vous : "Comme un vide en moi. Habiter son présent" de Moussa Nabati, psychanalyste, thérapeute et docteur en psychologie. Une bête, ce type. 

"Contrairement au credo de la philosophie traditionnelle, avec la fameuse notion de "libre arbitre", le sujet n'est pas si souverain qu'il se plait à le croire dans nombre de ses choix et actes, envers autrui, mais surtout de manière intime à l'égard de lui-même, quant à la gestion de son corps et de son affectivité, où il apparait parfois, telle une marionnette, bien plus agi et parlé qu'acteur et parlant.

En réalité, l'homme ne nait pas libre. Il lui est cependant possible de le devenir, peu à peu, de façon partielle, jamais de manière pleine, entière, illimitée. (...) On peut dire que, même après neuf mois de séjour édénique dans le ventre de sa mère, le nourrisson nait toujours prématurément. Il est encore inachevé, chétif, fragile et on ne peut plus dépendant, contrairement au bébé animal, qui, à peine né, se met debout sur ses quatre pattes et part déjà en quête de sa subsistance. 

La présence des parents, notamment celle de la mère, à travers les soins corporels et psychologiques qu'elle lui prodigue, dans un contexte d'amour, de chaleur et de sécurité, lui est indispensable pour poursuivre sa croissance de façon "extra-utérine". Il réussira peu à peu à réduire son extrême dépendance, à renaitre à lui-même en quelque sorte, en augmentant son champ d'indépendance et d'autonomie psychique. 

Dans l'hypothèse la plus optimiste, cette maturation nécessitera entre vingt et vingt-cinq ans, soit environ le tiers d'une vie ! Elle aboutira, en cas de réussite, à ce que j'appelle "devenir soi", dégagé certes de la tutelle nourricière et économique ainsi que de l'emprise psychologique des parents, mais également de la puissance tyrannique de la pulsion et enfin de l'influence occulte des normes et de la pression sociale.

Devenir soi, adulte, permet à l'individu promu au rang de sujet de ressentir, penser et appréhender la vie, le monde et les autres à travers le filtre d'une image saine de soi, c'est-à-dire avec sa sensibilité personnelle et ses valeurs. Il n'aura dans ces conditions ni besoin d'imiter et de séduire les autres en les croyant supérieurs, ni de se soumettre à eux de manière servile par crainte de désamour et de rejet.

Autrement dit, n'ayant plus besoin d'eux pour exister, il pourra les rencontrer vraiment en créant des liens d'amitié ou d'amour, porté par un désir gratuit. En devenant soi, il occupera sans timidité sa place légitime dans l'ordre des sexes et des générations, en affirmant librement et sans honte ses choix et désirs, en artisan responsable de son avenir."

lundi 14 mars 2016

Je ne vais pas te mentir

Te lire m'inspire,
J'en transpire de plaisir.
Au pire, mon sire,
Tu me fais sourire.

Que dire de ce délire,
Qui m'emporte, me chavire ?
A bord de ce navire, 
J'aime rire, j'aime t'écrire,

Boire tes paroles,
Qui me font parfois rougir
Me nourrir de ton récit,
En trembler, en frémir

Si cette source de joie
Venait un jour à tarir,
C'est une partie de moi
Qui se verrait mourir.

Une rencontre peut ternir
Cette relation de saphir
Que j'embellis à loisir
Avant de m'endormir

Avec toi, mon sire,
Je voudrais tant partir
Dans tes bras, m'épanouir
Et le monde découvrir

Il n'y a pourtant pas d'avenir
Entre nous, mon sire
Or je te veux, je te désire
J'en souffre, j'en soupire

Se faire l'amour, se chérir
Me réjouir d'en jouir
Restera une pensée
Qu'il me faut m'interdire

Comme je cherche à grandir,
Sans me laisser envahir,
Cet échange étourdissant
Doit peut-être s'évanouir

dimanche 13 mars 2016

Allé, chante, Val-heureuse !

Durant ces trois dernières semaines de musique, musique, musique dans ma chambre, j'ai ressenti à la fois l'immense et fulfilling plaisir de jouer, composer, pratiquer comme jamais auparavant, le bienfait de l'écriture cathartique mais aussi... une grande angoisse, beaucoup de doutes et de peurs (et par conséquent, une grosse crise de boulimie...). 

De fait, j'étais tellement dans ma bulle que je n'arrivais plus à voir les gens ni à respecter mes engagements avec l'extérieur. Comme cette bulle était une situation totalement nouvelle pour moi, ça m'a quand même foutu un peu les boules... et de la bile, je me suis fait... (ma maman aussi s'est inquiétée, ce qui ne m'a pas vraiment aidée sur le moment, mais bon, je ne peux pas lui en vouloir, il se trouve que, de façon générale, si je m'inquiète, elle aussi, puis on s'aide mutuellement à s'inquiéter davantage. C'est notre point fort, qu'on tente autant que faire se peut d'affaiblir avec l'âge - et la sagesse qui va de pair, hum -, par la discussion). 

J'ai quand même éprouvé le besoin de parler de mon cas de bulle avec l'une ou l'autre face de bouc passionnée de dessin, cinéma ou musique pour me rassurer... Et je dois dire que ça m'a fait du bien d'entendre qu'il était riche et sain (hum, ça pourrait l'être plus, en ce qui me concerne) de traverser de telles périodes quand on entreprend d'écrire, de créer des trucs. En théorie, je sais que beaucoup de personnes s'isolent dans le processus, mais en pratique, ce n'est pas évident, c'est limite maso, je trouve... (Mais bon, je passe l'éponge sur les négativités associées à la création, parce que je suis quand même super satisfaite d'être parvenue à faire d'idées quelque chose de concret !)

Et puis, pour agrémenter le tout, y a toujours cette vicieuse petite voix dans ma tête qui me pousse fâcheusement à être encore fort ambivalente et instable quant à la voie artistique que je tente d'emprunter, pas à pas et non sans peine. Du coup, pour tenter de la piéger, j'ai composé une chanson sur elle, que voici dans sa plus simple version, en piano-voix toujours (les arrangements, c'est la prochaine étape...) : "Mon ayatollah" (c'est ainsi que mon psy surnomme mon surmoi. Pour l'info ou anecdote pourrie, Wikipedia nous dit qu'outre le fait que ce mot désigne l'un des titres les plus élevés décerné à un membre du clergé chiite, il est également employé pour désigner une personne particulièrement intransigeante sur un sujet précis. Je comprends mieux l'analogie utilisée par mon roi Albert, merci Wiki).

Aussi, m'étant pas mal fatiguée, finalement, tiraillée par les deux forces contraires en moi (la créatrice et la rabat-joie), j'ai pris la décision, il y a trois jours de partir me ressourcer seule, une petite semaine, en mode retraite et introspection, à la mer de la Côte d'Opale, dans la maison de ma maman, d'où je vous écris cet article. Faire le point avec moi-même (encore ! mais c'est sans fin, c'te histoire) me fait sens. Il y a eu beaucoup d'information depuis ce début d'année et je ne suis clairement plus la machine que j'ai pu être pour les traiter rapidement. Tant mieux, car c'était souvent mal fait. Aujourd'hui, je prends mon temps... 

Mon programme à partir de demain ? Jeûne, balades, yoga, méditation, sauna, piscine, lecture et musique (j'ai pris mon piano au cas où, on ne sait jamais que mon cerveau me propose des choses, de n'être stimulée par quasi rien ni personne. Au passage, c'est pas que la joyeuse colocation à l'ancienne chez ma grand-mère, avec mon cousin, ma maman et mon beau-père me dérange, mais tant qu'à être dans ma bulle, autant l'assumer à fond, j'me dis...)

Je ne pense pas me déconnecter complètement pour autant, on verra, au jour le jour, ceci dit. Mais a priori, être seule me semble déjà une première expérience suffisamment intense comme ça ! Le silence, je ne le ferai pas non plus, puisque je vais probablement travailler ma voix. Et je regarderai peut-être un peu la télévision aussi, en tout cas mercredi soir, parce qu'il y a un documentaire sur Gainsbourg et Bashung que je me fais une joie de regarder, pour ne rien vous cacher :)

Et vous, quelle place faites-vous, dans la vie, à votre créativité ? Est-elle rangée dans un coin de votre tête, comme des photos imprimées le seraient dans un tiroir, attendant patiemment à être collées dans leur album de 2012 ? Ou lui permettez-vous de s'exprimer... à plein-temps, une fois par semaine, pendant les vacances, en soirée... ? Avez-vous trouvé un compromis avec votre job actuel ? Si oui, quel est-il ? 

Petites parenthèses ici, suite à la question posée : je sais que les commentaires et réactions ne sont pas vraiment entrés dans les moeurs de ce blog (heureusement que mon père et ma belle-mère sont là pour sauver l'honneur, haha, je vous kiffe), mais voilà, je pense qu'il n'est pas trop tard pour essayer de vous gratter un petit témoignage ou l'autre, si le coeur vous en dit ! En tout cas, ce blog est loin de toucher à sa fin, donc pourquoi pas tenter de lui donner une tournure de partage d'expériences et d'échange, à partir de maintenant... 

Il n'a toujours tenu qu'à moi de m'adresser à vous, ce que je n'étais probablement pas prête à faire jusqu'ici, n'étant pas encore assez ouverte et à l'écoute de l'Autre, dans mon cheminement introspectif, mais là... Tadaaaaaam ! Ca y est, mon écoute et mon intérêt et ma curiosité pour le monde extérieur s'améliorent (très bon signe, yihouuuuu). Bref, je suis tout ouïe si réponses il y a, ne soyez pas timides, ici, on est en mode chill, yo, d'ac ?

Des bisous à vous, fidèles lecteurs !

Ps : On m'a dit un jour, il y a longtemps déjà, qu'un problème technique empêchait peut-être de poster des trucs... Est-ce vrai ? Si tel est le cas, n'hésitez pas à me le faire savoir et à mon retour, je m'engage à régler ce détail ma foi important sur un blog, aussi personnel, soit-il.

mercredi 9 mars 2016

33 tours

Dans mon premier album, j'accouche de moi-même, je fais le tour de mon nombril.
Dans mon deuxième album, je vis, j'apprends, je grandis, je fais le tour du monde.
Dans mon troisième album, je savoure, je contemple, je m'apaise, je fais mon tour de champ.
Dans mon quatrième album, je m'élève, j'évolue, je transmets, je fais mon tour de magie.
...


Dans mon trente-troisième album, je m'essouffle, j'en ai assez dit, j'ai fait le tour de la question.

Chacun son 33 tours.

mardi 8 mars 2016

lundi 7 mars 2016

CristaLynn

Je traverse une période de créativité à la fois douloureuse et passionnante, depuis presque trois semaines. Je ne montre pas ma tête ou à peine, j'annule la plupart de mes engagements, je suis dans une bulle particulière. C'est la première fois que cela m'arrive et je ne sais pas trop quoi en penser. Je vis le truc à fond, voilà tout. C'est plus fort que moi, il y a des choses qui doivent sortir... Mais pas moi, pour l'instant, visiblement.

Hier, j'ai composé une nouvelle chanson - une dédicace à Lynn et son papa, rencontrés lors de mon jeûne en Drôme -, il signe le 12ème morceau de mon répertoire en français. J'en partage avec vous ma version piano-voix non arrangée, le premier jet, pour vous donner une petite idée de ce à quoi j'occupe mon temps ces jours-ci :) Tout est à faire ! 

Si maman dessine des princesses, papa, lui, raconte des histoires...


























Le garçon, le nain et la fée

Il lui raconte de belles histoires
Qu'il invente pour elle le soir
Avant qu'elle ne s'endorme seule dans le noir
Il éloigne de la pièce ses pires cauchemars

Sa voix rassurante, douce et posée
L'emmène dans un monde merveilleux
En peu de temps, elle se laisse bercer
Par ce moment unique et délicieux

Il fait parler son imagination
Qui vagabonde de cavernes en forêts
Il s'applique à choisir l'intonation
Et ponctue ses phrases d'arrêts

Le père est un homme heureux
Il savoure cet instant
Qui met des étoiles dans les yeux
De son coeur et de son enfant
Allongée dans son lit
Elle n'a plus peur de la nuit
Qui lui portera conseil
Jusqu'au réveil

Quand elle réagit, spontanément
D'une réflexion, d'un oui, d'un bâillement
Il sourit et reprend l'épopée
Du garçon, du nain et de la fée

Les paupières de sa fille s'alourdissent
Il freine alors le débit de ses mots,
Il sent arriver son complice
Le marchand de sable, non loin, là-haut

Il se lève, il éteint la lumière
Et dépose un baiser sur sa joue
Il remet l'édredon et en lui espère
Qu'elle rêvera de fleurs et de hiboux

Le père est un homme heureux
Il a savouré l'instant
Qui restera à jamais
Entre lui et son enfant
Allongée dans son lit
Elle n'a plus peur de la nuit
Qui la gagne d'un sommeil
Sans pareil