dimanche 27 juillet 2014

C.R.A.Z.Y

Ma déposition (que la police aurait dû enregistrer, je trouve) : 

Dans la soirée du 27 juillet, vers 22h, j'ai décidé de me faire belle pour sortir. J'ai mis ma petite robe bleu électrique (la dernière tenue qu'Olivier a vue de son vivant), mon nouveau pull jaune cocu (reçu la veille d'Elle, une nouvelle amie américaine), je me suis légèrement maquillée (eyeliner, mascara, fond de teint pour cacher mes quelques boutons et une touche de gloss bien rouge), j'ai pris mon sac tout moche startups.be (en toile blanche, bref, ZE sac nickel quand tu ne veux pas attirer l'attention des voyous) avec ma carte d'identité, un peu d'argent liquide, ma carte de banque, mes clés et mes plumes blanche (celles que j’ai récupérées après l’enterrement d’Olivier et que je distribue, en souvenir de lui, aux gentilles personnes qui croisent mon chemin), j'ai chaussé mes sandales brunes (belles et plates mais horriblement inconfortables pour courir), j'ai brossé une dernière fois mes cheveux que je venais de laver pour la première fois au miel/bicarbonate/vinaigre de cidre (après 26 jours d'abstinence, une recette qui fonctionne bien), à l'aide de ma brosse en poils de sanglier (pas bien, je m'en procurerai une en poils synthétiques, bientôt), j'ai fermé la porte d'entrée à double tour et je suis sortie. A la recherche d'un petit bar sympa avec de la musique live. Sachant que je suis dans un bon quartier, qui vit, qui bouge, je me dis que ce ne doit pas être bien compliqué à trouver. Et puis les habitants de Berlin sont tellement sympas qu'a priori, il ne devrait pas y avoir de problème. 

Je fais ma balade jusqu'à ce que je tombe sur un cycliste qui habite à Berlin depuis 2-3 ans, me dit que je ne trouverai pas ce que je cherche, mais que si je veux passer une bonne soirée, il me recommande le SO36. Dans ma rue. Nickel ! Moi qui ne voulais ni prendre le U1, U8, le vélo ou le taxi, ni rentrer plus tard que 3h du matin chez moi (histoire d’avoir un peu plus la pêche que la veille, au second et dernier jour de ma formation sur le blogging, donné par Gala Darling et ses copines, la raison d’être de ma venue à Berlin, quand même), eh bien c'était juste ce dont j'avais besoin ! 

Et c'est en arrivant devant l'endroit que je fais la connaissance d'un petit groupe de personnes. Deux Polonais et un Australien. Très vite, j'apprends que le groupe se compose d'une fille blonde en robe sexy, son petit ami, un barbu rencontré par le troisième, l'Australien - celui qui me tape dans l'oeil assez rapidement - dans le cadre du mastering de la musique de son meilleur ami... Le couple venait faire la fête quelques jours, auprès du joli brun, au teint hâlé, cheveux foncés, de taille moyenne et de grand sourire. 

On papote, on papote, on papote, sur les marches devant l'entrée du SO36, encore fermé vers 23h quand soudain, le staff ouvre les portes de sa caverne de Platon. C'est plus ou moins à ce moment-là que j'apprends (et retiens surtout) que l'Australien porte les nom et prénom d’Andreas Maan. Je sors mon téléphone non connecté à l'internet et note son contact dans mon bloc-notes. 

Ensuite, on en arrive à un point où le groupe décide de bouger (ils n'avaient pas l'intention d'aller se changer les idées avec Platon, de toute façon). Ils se dirigent plutôt vers un bar queer du quartier que me recommande chaleureusement Andreas, à Berlin depuis 3 ans. Ni une ni deux, je les suis... Rapidement, on se retrouve juste à deux, Andreas et moi. Et on papote, on papote, on papote... Super discussions, le type hyper intéressant, drôle et vif. Bref, ma soirée se passe bien. Je me dis que finalement, je suis contente de m’être botté le cul pour sortir de chez moi, alors que j’étais raplapla, suite à mes appels à boire un verre avec mes amis d’ici, laissés sans réponse positive. 

A la fin de notre verre de champagne allemand à 3 euros, tout naturellement, on se met en tête de faire la tournée des endroits branchés du quartier. Notre route croise donc celle d'un autre bar, puis encore un autre, dans Oranienstr. Et là, les choses ont basculé. Alors qu'on buvait sagement un verre d'eau du robinet, à la lueur d'une bougie, v'là t'y pas qu'une petite bande se bastonne à quelque pas de notre table. La bagarre prend de l’ampleur. « Oh non, hein, dis, pas de ça près de moi. S'il m'arrive quoi que ce soit, ma maman va perdre son autre sein, et ça, je ne veux pas !!! », que je me dis. Du coup, je fais savoir à Andreas qu'on ferait bien de s'éloigner. Tant pis pour nos verres d'eau entamés et non payés (puisque gratuits). 

On se poste 150 mètres plus loin, à l'abri, quand je lui dis, voyeuriste et curieuse que je suis : « attends, regardons un peu, je me demande comment ça va tourner ! ». Et là, il me répond, en bon ex-étudiant du Barreau qui se respecte : « Mais attends, faudrait quand même que j'appelle la police, tu ne crois pas ? ». Moi : « Oui, d'office, trop, parce que là, ça n'a pas l'air de se calmer ! ». Lui : « Le problème, c'est que je ne parle pas allemand, ils ne vont pas être contents au bout du fil ». Ceci échangé, le voilà en train d'expliquer la situation aux flics qui débarquent quelques instants après. Mais dans le même moment, prise d’une subite panique, je prends mes jambes à mon cou, jusqu'à le perdre de vue... Il est alors environ 4h du matin.

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