dimanche 27 juillet 2014

Last call

Bon voilà. Après 8h de recherche non-stop, mon email à Das Erste signe mon dernier effort, le point d’orgue de cette enquête à trois sous baptisée « Mais où est donc Andreas Maan ? ». Sachant pertinemment que si ça se trouve, il est juste dans son lit. 

Haha, vous imaginez tout le tintouin que j'aurais fait pour rien, si tel est le cas ? Mais vous, vous auriez fait quoi à ma place ? 

Voici ce que je me suis dit dans ma petite tête fatiguée, décalquée : il y a une probabilité (même infime) qu'il soit arrivé quelque chose à Mister Maan. Je ne peux tout de même pas rester là sans rien faire, si ? Enfin et surtout, j'ai énormément besoin de dormir. Or là, je ne suis pas tranquille. Ce qui m'empêche de dormir. 

Après que la police m’a envoyée paitre, je me suis donc dirigée vers l’appartement. En repassant à pied devant le bar queer de mon début de soirée - toujours aussi rempli de gens (le visage toutefois un peu plus défait que lorsqu’on l’avait quitté) – j’ai eu l’envie de m’arrêter pour un dernier verre… d’eau du robinet. Juste pour voir. 

Finalement rentrée à bon port, j'ai publié ma déposition, avant de ressortir contre le gré de ma maman, pour me procurer une recharge téléphonique, une grande bouteille d’eau et le tuyau de la chaine nationale allemande, à la terrasse d’un café. 

Sur la chaise à nouveau, devant mon petit bureau, le doigt sur l'écran tactile de l'iPad de mon frère (le mien étant resté à Singapour, dérobé deux jours avant mon retour inopiné en Belgique, suite à l'arrêt cardiaque d'Olivier), j'envoie, comme téléguidée, mon message à Das Erste : 

Hello, 

I'm Valentine, 25 years old, Belgian. I'm in Berlin since wednesday because of a workshop about blogging (that's happening this weekend). I wanted to discover Berlin for the first time, how the city lives by day and by night, that's why I booked a room with Air Bnb, for 5 days here and not just for the weekend of the workshop. 

Last night, I was with a new friend, having a drink in a bar that I don't recall the name, when a fight started just in front of us, at about 4 am, near Alexanderpl., Kreuzberg, Berlin. 

He decided to call the police while I decided to run away from there. To protect myself (my mom has already lost her son, 2 months ago, I didn't want to worry her again). 

And when I tried to find him, after the police arrived, I just couldn't !! And I'm looking for him since then because I'm worried ! And when I'm worried, I cannot sleep. But I need to sleep (I'm insomniac, hard to handle). That's why I'm writing an email to you. Just in case you could do something. Because the police here doesn't want to listen to me... 

I just want to know if he's alright. He may be in his bed, bud he may also be dead. In the doubt, I prefer doing what it takes, as a citizen of the world. 

You'll find my deposition on my blog here : 

http://atomecrochu.blogspot.be/2014/07/as-crazy-as-fucking-facts-merde.html 

Thank you for your help... 

V.C. 

N’importe quoi, n’est-ce pas ? C’est comme si une force incontrôlable, surhumaine, m’avait pilotée ces dernières heures, afin que j’aille au bout de mon raisonnement farfelu. Ce mail, c’est le bouton « off » de la machine infernale, qui met fin à ce périple sans queue ni tête. Dodo maintenant. J'espère qu'Andreas va bien. Et tant pis pour mon workshop.

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