lundi 22 décembre 2014

The Tree of Life

Première Pression Provence Cher Olivier. Après trois nuits de très mauvaise qualité, j'ai passé une journée détendue, gagnée par un calme intérieur fort agréable. Ce midi, je me suis rendue à Schaerbeek, pour dire bonjour à Marylène, durant sa pause déjeuner. Nous avons papoté deux bonnes heures au restaurant Ciao Ciao, autour d'un plat de pâtes pas cher servi par de charmantes personnes. Puis j'ai fait un arrêt à la rédaction du Soir, afin de récupérer les dernières affaires que tu as laissées derrière toi : ton casque audio, ton carnet de cartes de visite et ton écran d'ordinateur géant et peu pratique à trimbaler dans les transports. T'aurais pu acheter plus petit, franchement ! Non, il fallait toujours que tu voies grand !  Je suis parvenue à arracher de leur bureau deux de tes anciens collègues, avec qui j'ai bu un café, mangé une Danette Vanille et échangé quelques mots sur tout et rien. Petit moment en toute simplicité. Ensuite, chargée comme un baudet, j'ai pris le tram 92 pour aller chez Mathilde, une amie de mes études que je n'avais plus vue depuis trois mois. 

Sinon, comme tu l'auras probablement ressenti, ces trois derniers jours, j'ai été sous haute tension, guidée par de fortes énergies, comme en témoigne mon retour soudain au clavier. Je suis à quelques nuitées de ma remontée en selle, dans l'avion vers Bangkok, où j'ai appris la nouvelle de ton accident, réveillée en pleine nuit par notre tante Monica. Je me sens partagée entre l'angoisse d'avant mon départ, l'excitation à la perspective de ce repos, ce break que j'attends depuis longtemps et ma tristesse, à la veille de trois jours de fête familiale en demi-teinte, sans toi. Tu n'imagines pas comme j'aurais tellement aimé que tu assistes à mes progrès ! Je réapprends à marcher Ol. Je ne cours plus. Je ne veux plus. Je me sens tellement mieux aujourd'hui ! Je pars dans de bien meilleures dispositions qu'en mai... Tu te rappelles comme je n'étais pas apaisée ? Comme tu n'approuvais pas que je parte ? Je sais au fond de moi que quelque part, c'est en grande partie grâce à toi, si je suis arrivée jusque ici, aujourd'hui. Je suis à deux doigts de lâcher prise. De m'envoler. De couper le cordon. De grandir. Je t'ai promis et hurlé à l'Eglise que j'allais me relever et ne pas me refuser. Que j'allais vivre et rêver, chanter et aimer. Hier soir, les larmes ont coulé, sans s'arrêter. Mais je ne t'apprends rien, tu as dû le voir de là-haut. Sache que ces larmes étaient chaudes et réconfortantes, pour une fois. Tu vois ce que je veux dire ? Et le tourment, au rang des grands absents. J'éprouve quand même un peu de peur mais j'imagine que c'est l'effet normal qu'implique l'inconnu. Non ? Je suis sure qu'elle se dissipera au moment même où l'avion aura quitté le tarmac.

Enfin, ce soir, j'ai partagé un moment magique avec Mamita. Nous avons regardé "La Liste de Schindler" de Steven Spielberg, film que je n'avais encore jamais vu. Et j'ai eu la chance d'avoir ses commentaires après le film. Je pense que cette petite soirée télévision, à nous deux, était le plus beau cadeau de Noël qu'elle pouvait me faire. Je commence à comprendre pourquoi tu appréciais tant Mamita... elle est si touchante !

Bon, je te laisse, je vais essayer de dormir... J'aimerais être en forme pour le reste de ma vie. Bonne nuit ! Je t'aime.

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