vendredi 5 juin 2015

Anicca

J'ai l'impression que ça fait une éternité depuis mon dernier article. Je ne me sentais pas très bien, d'ailleurs, quand je l'ai écrit... Le premier anniversaire du décès d'Olivier approchait à grand pas. J'appréhendais fortement cette journée que j'allais passer loin de la famille et des amis, en Asie, comme lors de l'accident, le 18 mai dernier. J'avais peur de me laisser envahir par mes émotions et de ne pas bien gérer nerveusement. Et puis, les choses allaient s'enchaîner : une dernière semaine à Bali, le retour à Bangkok, l'avion pour Bruxelles, les 20km... Et je doutais et m'en faisais...

Je me suis dit qu'un stage de méditation intensif, en Malaisie, du 6 au 17 mai ne pouvait que m'aider face à ces craintes. Faire silence pendant dix jours, déconnectée, coupée du monde extérieur et de toute activité, en position assise des heures durant, seule avec mon esprit quelque peu agité, constituait probablement le plus grand challenge du voyage, mais à ce stade, il m'apparaissait plus que nécessaire de passer par là. Je voyais ces dix journées comme une occasion rêvée de faire le vide, le point voire revenir en Belgique avec une technique précise et efficace de méditation à intégrer dans ma routine, pour mon plus grand bien-être.

J'ai entendu parler de la méditation Vipassana pour la première fois au Laos, en janvier, via Caroline et Laure, une belge et une française fort sympathiques et, comme beaucoup des backpackers rencontrés tout au long de mon périple, en route sur un chemin d'ouverture spirituelle très inspirant.

Il y a une trentaine de centres à travers le monde (dont un en Belgique) et des cours tous les mois. J'ai hésité à participer à l'un d'entre eux, en Thaïlande, juste après ma semaine de jeûne à Koh Samui, en février. Mais je me suis dégonflée. Je ne l'ai pas senti. Trop tôt. Pas prête. Or, c'est le genre de décisions à ne pas prendre à la légère. Il faut être déterminé et sûr de vouloir participer à cette aventure exigeante. Surtout qu'une fois là-bas, il n'est pas envisageable de quitter les lieux avant la fin.

Le programme ? Lever à 4h30 et extinction des feux à 22h. Petit déjeuner à 6h30, lunch à 11h30 et fruits à 17h. Le tout est végétarien. Les hommes et les femmes sont séparés. Le contact, même visuel, avec les autres n'est pas permis. Et l'on se doit de limiter la communication avec le staff bénévole au strict minimum, si l'on veut profiter au maximum des effets du cours. Si l'on additionne toutes les plages horaires disponibles à la méditation sur une journée, cela fait un total de dix heures. J'ai travaillé un jour à ce rythme. Le premier. Après, je me suis tenue à une moyenne de cinq à six heures par jour. Siestant, le reste du temps, à défaut de pouvoir faire autre chose. Nous sommes guidés dans la pratique par les instructions de S.N. Goenka, pré-enregistrées et rediffusées dans le grand hall où l'on se retrouve à environ deux cents participants, face aux trois professeurs du lieu. Et chaque soir, de 19h à 20h15, nous est dispensée la théorie qui récapitule ce qui a été appris et ressenti au cours de la journée et donne de nouvelles consignes pour évoluer dans la technique dès le lendemain.

Intense. Hard core. Franchement pas évident, d'autant qu'il faisait très chaud et humide, que je dormais mal et que je me suis fait bouffée par des bêtes que rien ne repoussait. Mais voilà, je l'ai fait et j'en suis très contente. D'ailleurs, je recommande vivement cette expérience (que je vais tenter de raconter, dans l'article qui va suivre). En sortant, je me suis sentie bien plus légère qu'à l'arrivée et si apaisée ! 

Et puis, de retour à Kuala Lumpur, à l'auberge "Le Village", j'ai rencontré trois de mes camarades de stage, Gwen, Hayden et Max. France, Nouvelle-Zélande, USA. Le courant est très vite bien passé. Du coup, j'ai senti de partager avec eux ma chanson pour Olivier et mon histoire. Ça m'a soulagée de pouvoir en parler. Après une nuit blanche à converser, faire du yoga et méditer sur la terrasse du rooftop (normal, haha), on a passé le 18 mai dans la joie et la bonne humeur, à flâner de stand de street food en stand de street food, dans Chinatown. Ils m'ont épaulée dans mon épreuve et à mon plus grand bonheur, m'ont accompagnée à Bali, la semaine qui a suivi. Je ne pouvais pas espérer mieux que cette belle amitié de voyage pour terminer en douceur mon périple. Fiou !

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