mardi 16 juin 2015

Moonwalk

J'ai des frissons de joie, quelques larmes d'émotion. Le premier pas a été franchi. Hier, j'ai revu mon roi Albert et je lui ai timidement confié que je voulais écrire. Il m'a répondu qu'avec ce par quoi j'étais passée, il y avait effectivement des choses à dire et qu'il pouvait être bon de témoigner, pour moi, pour les autres. Je lui ai fait part de mes doutes par rapport à ma fâcheuse tendance à vouloir attirer l'attention, ce besoin de reconnaissance, etc. : "N'est-ce pas encore une vaine et pathétique manière de crier au monde que j'existe ?" Il m'a dit que c'était à moi d'être vigilante par rapport à mon récit, dans le ton, la manière et la forme, notamment. Que ce pouvait être un très bel exercice. Que c'était très probablement une étape nécessaire à ce stade si je voulais avancer. Que le projet, pour une fois, n'allait pas dans tous les sens, seulement dans le mien. Qu'il allait requérir discipline, concentration, méthode de travail et une certaine hygiène de vie. Que toute chose importante prend du temps et qu'il allait être nécessaire que j'apprenne à m'en donner, pour changer. Et surtout, qu'on s'en fout du résultat. Qu'il ne peut rien m'arriver de mal en m'y essayant et que le pire qui pouvait se produire est que j'arrête et ne termine pas mon livre. Et même ça, "on s'en fout", m'a-t-il répété. Et bien voilà. Un peu chaque jour. Pas de pression. C'est parti. On respire. Profondément. L'accouchement va être long, pénible et difficile. Ma plume est aussi légère qu'une enclume, mais le jeu en vaut la chandelle. Hier, j'ai écrit ma première ligne. La ligne de départ d'une longue marche. La marche de ma vie.  

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